Analogies linguistiques bantoues et françaises au sein des créoles guadeloupéen et haïtien

Réflexions sur l’analogie linguistique: préfixes de classes des substrats kikongo et déterminants du superstrat français: mécanismes de réanalyse en créoles guadeloupéen et haïtien

Juliette FACTHUM-SAINTON

Université des Antilles, chercheure honoraire

CONSIDÉRATIONS SUR L’ÉMOTION TRADUCTIVE EN CRÉOLE

Résumé
Cet article traite d’un aspect de la traduction : celui de l’émotion spécifique qui précède et qui naît de l’acte de traduction du français au créole. Les traducteurs et les producteurs natifs, donc bilingues créolophones, portent en eux cette culture instinctive,
intrinsèque à l’émergence des créoles. Chemin faisant, cette étude établit le lien entre
procédés de traduction et cette pratique de la déviance maximale qui anime encore les
créolistes natifs de la présente période de renaissance et de revendication identitaire
de la langue aux Antilles. Traducteurs et producteurs de textes en créole contribuent
inconsciemment à enrichir cette tendance traductive dans le monde, et selon laquelle
il est fait une place prédominante au signifiant plutôt qu’au signifié. La présente étude,
prenant de la distance par rapport à ces pratiques, avance des analyses, prodigue des
conseils pratiques et fait part des expériences antillaises dans le domaine de la traduction du français au créole. Une place est faite au rôle de Jean Bernabé et de ses équipes guadeloupéenne et martiniquaise dans la dynamique étudiée.

Le statut du trait nasal des voyelles ĩ et ũ en créole haïtien. Valeur phonologique et/ou valeur phonétique: Autour des débats préludant la normalisation et la standardisation académicienne (2)/ Juliette Facthum-Sainton

Résumé en français: Cet article traite de l’approche phonologique permettant l’identification de la valeur des voyelles nasales au sein d’un système vocalique. Cette approche se fait à la lumière des statuts que peuvent prendre ces voyelles au sein du système vocalique du créole haïtien. Notamment, l’importance de distinguer entre valeur phonétique et phonologique est mise en exergue. Les voyelles mises à l’épreuve de cette analyse sont les voyelles nasales fermées du système haïtien, à savoir ĩ et ũ, respectivement voyelle antérieure et voyelle postérieure, toutes deux de degré d’aperture 1. Une incursion est faite dans la structure syllabique dans laquelle elles sont attestées, ce qui éclaire le processus survenu en diachronie. Par ailleurs, un approfondissement de la question de la nasalité et de la nasalisation dans les créoles, nous a pratiquement imposé une brève exploration des phénomènes qui interviennent autour des voyelles phonologique /e/ et /o/

Rézimé an kréyòl Gwadloup

Atik-lasa ka pòté on réflèksyon si ki zouti, lengwis épi étidyan ni bizwen an fonnoloji, pou pa pwan on vwéyèl nazal fonnétik pou on vwéyèl nazal fonnolojik. Sé dé valè diféran, é dé trètman diféran. Adan atik-la, sé vwéyèl épi konsonn nazal kréyòl ki a lonnè, davwa, onlo moun ki ka étidyé kréyòl ayisyen ka bigidi douvan annaliz a valè a vwéyèl nazal. Nou ka annalizé dé vwéyèl, ĩ, « vwéyèl-douvan », épi, ũ « vwéyèl-dèyè« , ki ja fè lank koulé toubònman asi papyé. Nou ka voyé zyé osi, si silab-la, tala la sé dé vwéyèl-la ka yé. Pou fin èvè annaliz a nasalizasyon é nazalité, nou ka pòté on klèté asi fénonmenn nazal ki pé fèt adan vwéyè fonnolojik /e/ épi /o/

Des langues de la famille à la pratique de nouvelles langues dans les diasporas : transmissions phonologiques et ruptures

Contribution à l’ouvrage:

Langues de l’Inde en Diasporas. Maintiens et transmissions, édité par Appasamy Murugaiyan, Actes de colloque, scitep éditions, 2019, pp. 303-321.

Indian languages in Diasporas. Retention and transmission

A l’heure où les Guadeloupéens d’origine indienne explorent leur identité, il y a un véritable élan vers l'apprentissage du tamoul et du hindi en Guadeloupe, le bojpuri étant plus discret. Des questions se posent avec curiosité sur les causes des changements phonétiques intervenus, du tamoul des origines au tamoul des chants sacrés aux Antilles. L'article, en s'appuyant sur des descriptions des oppositions contrastives du tamoul contemporain, examine les grandes transformations phonétiques survenus aux Antilles: l'émergence d'une opposition phonologique "voyelle semi-fermée/voyelle semi-ouverte, comme dans les langues créoles; la neutralisation de l'opposition phonologique voyelle longue/voyelle brève et l'allongement compensatoire de la voyelle; la perte de la gémination des consonnes du tamoul des origines; et d'autres. L'article démontre que les modifications effectuées, du tamoul des origines au tamoul des chants sacrés antillais est conforme au système phonologique créole. Dans l'article, de nombreux exemples pris dans des langues ou des familles de langues diverses dans le monde, montrent que, par exemple, toute transformation ou /r/ devient /l/, ou une syllabe se perd au sein d'un mot et est remplacée par un allongement compensatoire d'une voyelle, est un processus phonétique courant dans le monde. Chemin faisant, le système créole et ses valeurs contrastives ont été explorés dans les propos tenus.

tékéjaka : Une perception de l’espace et du temps en créole: l’exemple du guadeloupéen

Te Ke Ja Ka

Cet article, publié dans Dérades n°1, décembre 1997, allie trois perspectives d’analyses : l’une est éminemment descriptive, à savoir l’expressions des Temps, Modes et Aspects). Une autre perspective est cognitive, celle de l’exploration de l’espace et du temps. En y ajoutant la précision, « en créole », dans le titre de l’article, une coloration identitaire s’y infiltre. Les linguistes auraient de la réticence mettre ensemble, trois perspectives si différentes. L’expérience cependant apporte un certain nombre de précisions non présentes en grammaire pure. L’auteur, Juliette Facthum-Sainton, prend le paradigme temporel le plus long du créole, tékéjaka, le point de saturation de l’expression temporelle, pour analyser chacune des possibilités temporelles : seule par exemple té ou , ou autre marque préverbale. Elle questionne sa valeur : est-ce temps, est-ce mode, est-ce aspect ? Attribuer des valeurs sémantiques et/ou grammaticales à chaque marqueur préverbal est fondamental pour l’analyse grammaticale d’une simple phrase. Puis, elle les met par couples en épuisant toutes les possibilités et en leur attribuant une valeur, linguistique ou cognitive. (Ex. té ké, té ja, té ka, ké ja, etc…). Ensuite, le travail est fait par groupe de trois, en épuisant également toutes les possibilités (té ké ja, té ké ka, té ja ka…). Toutes ces stratégies sont analysées en tenant compte de l’existence théorique d’un marqueur préverbal Zéro, supposé à la base de l’espace-temps de l’énoncé créole premier. Ainsi, est introduite, la notion d’énonciation, et de stratégie énonciative, ou l’énonciateur (le locuteur) est maître du temps. C’est lui qui fait le lien entre le sujet et le verbe ou le prédicat…L’originalité de la stratégie temporelle créole est soumise à comparaison avec la stratégie française, très divergente. L’analyse flirte également avec la stratégie de maintes langues africaines, et des langues créoles de la Caraïbes convergentes avec la stratégie guadeloupéenne. On peut mettre un bémol à une analyse convergente hardie, puisque les structures modalo-aspecto-temporelles de maintes langues africaines, quoique présentant la même stratégie structurale de surface, peuvent être divergentes de celles des créoles en structure profonde. Dans cet article, la distribution « Temps-Mode-Aspect » est validée dans la stratégie guadeloupéenne de l’espace et du temps.   

Le vieux fond primitif du créole guadeloupéen dans les textes anciens à base lexicale française

Juliette Facthum-Sainton :

« Le vieux fond primitif du créole guadeloupéen dans les textes anciens des créoles à base lexicale française ». Article publié dans Les cahiers créoles du Patrimoine de la Caraïbe. N° 6. Les langues Créoles, Juillet 2016, Paulette Durizot-Jno- Baptiste (sous la direction de).

La dimension africaine des langues créoles : faits phonétiques, phonologiques, morphophonologiques et suprasegmentaux

Références de cet article: Juliette Sainton: « La dimension africaine des langues créoles: faits phonétiques, phonologiques, morphophonologiques et suprasegmentaux » dans la revue, Mofwaz n°5, Langues, cultures, communication, Ibis Rouge Editions, Presses universitaires créoles, pp. 97-114, 2000.

Cet article était en fait le premier jet, un des brouillons d’un projet d’écriture. Par erreur, c’est ce dernier qui a été publié dans la rubrique « Langue et société » de la revue de vulgarisation du GEREC, Mofwaz n°5, pp. 97-114, décembre 2000. L’objet est d’interroger environ 150 mots d’un certain niveau basilectal créole, qui ont en commun les caractéristiques suivantes : des formes onomatopéiques, des voyelles identiques, à valeur symbolique répétées au sein des syllabes : à titre d’exemple, la voyelle [o] dans blokoto, et dans d’autres mots créoles, contribue à la valeur symbolique des grands bruits :  blokoto, tomblokoto, kolokoto, tototo, totoblo, blo, totokraz, bodobo, bo, bidimbo. Il en va ainsi de toutes les voyelles orales du créole. Elles ont une valeur symbolique, lorsque le mot présente une forme onomatopéique. Deux cas se sont présentés et ont contribué à une hypothèse de travail : 1) Quelques mots onomatopéiques du guadeloupéen ont une origine africaine (kikongo)- 2) La majorité des mots onomatopéiques du guadeloupéen, semblent inspirés par une mémoire des langues bantoues. L’oreille de l’auteur, interrogatrice, se porte sur la morphophonologie puisque phonologie et morphologie sont imbriquées dans ces paradigmes à découvrir : tonm (tonbé), blo, koto (blokoto, kolokoto, bo, toto). L’un des aspects positifs de cette première réflexion, qui n’a pas porté les fruits escomptés, est d’avoir contribué à ébranler l’étymologie, comme base fondamentale de détermination de l’origine d’une langue. Le second point positif est d’avoir ouvert une page de paradigmes morphophonologiques qu’il reste encore à prendre en compte dans la lexicologie et la morphologie populaires du créole guadeloupéen.

L’importance de la grammaire dans la mise en place d’un enseignement de LVR : les modalités du futur et du conditionnel en créole guadeloupéen

Juliette FACTHUM-SAINTON Université des Antilles et de la Guyane – CRREF, EA 4538 , Revue de didactique contextuelle en ligne, ESPE Guadeloupe. N°1, 2014 coordonné par Juliette Facthum-Sainton, Maître de Conférences en sciences du langage, spécialiste des langues créoles, responsable de la LVR et du CAPES de créole jusqu’en 2014.

Déterminants et actes de détermination en créole guadeloupéen

Voix Plurielles, publication canadienne

Publiée 2012-11-25 Numéro Vol. 9 No 2 (2012)RubriqueLangue et littérature haïtiennes, en hommage à Pierre Vernet (Dir. Frédéric Torterat)

Juliette Facthum-Sainton

L’auteure met en perspective dans cet article les éléments du système de détermination en créole guadeloupéen, à travers la construction, la position et la signification des déterminants représentés dans ce créole antillais. Juliette Facthum-Sainton examine en cette occasion la catégorie en tant que telle, ainsi que les structures du syntagme nominal lorsque le déterminant est antéposé au nom, mais aussi l’existence de l’indéfini, les constructions (directes et indirectes), et plus spécifiquement le déterminant -la, postposé au nom. pour ensuite aborder des constructions plus transversales dont elle détaille les différentes problématiques.

Juliette Facthum-Sainton

Chercheure en linguistique créole, maître de conférences honoraire à l’université des Antilles

  • Phonologue de formation à l’institut de phonétique et de phonologie de Paris III, Sorbonne Nouvelle
  • Angliciste, Université de Paris III, Sorbonne Nouvelle
  • Thèse de doctorat, Paris III, département d’anglais
  • Thèse EPHE, pour le doctorat de linguistique et phonétique

Travaux en phonétique et phonologie des créoles à base lexicale française de la Caraïbe

Travaux sur la didactique de l’enseignement et de la lecture en milieu caribéen

Réflexions sur les analogies langues bantoues et langues créoles

Travaux didactiques sur la graphie du créole et sur les divergences créole-français.

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