Références de cet article: Juliette Sainton: « La dimension africaine des langues créoles: faits phonétiques, phonologiques, morphophonologiques et suprasegmentaux » dans la revue, Mofwaz n°5, Langues, cultures, communication, Ibis Rouge Editions, Presses universitaires créoles, pp. 97-114, 2000.
Cet article était en fait le premier jet, un des brouillons d’un projet d’écriture. Par erreur, c’est ce dernier qui a été publié dans la rubrique « Langue et société » de la revue de vulgarisation du GEREC, Mofwaz n°5, pp. 97-114, décembre 2000. L’objet est d’interroger environ 150 mots d’un certain niveau basilectal créole, qui ont en commun les caractéristiques suivantes : des formes onomatopéiques, des voyelles identiques, à valeur symbolique répétées au sein des syllabes : à titre d’exemple, la voyelle [o] dans blokoto, et dans d’autres mots créoles, contribue à la valeur symbolique des grands bruits : blokoto, tomblokoto, kolokoto, tototo, totoblo, blo, totokraz, bodobo, bo, bidimbo. Il en va ainsi de toutes les voyelles orales du créole. Elles ont une valeur symbolique, lorsque le mot présente une forme onomatopéique. Deux cas se sont présentés et ont contribué à une hypothèse de travail : 1) Quelques mots onomatopéiques du guadeloupéen ont une origine africaine (kikongo)- 2) La majorité des mots onomatopéiques du guadeloupéen, semblent inspirés par une mémoire des langues bantoues. L’oreille de l’auteur, interrogatrice, se porte sur la morphophonologie puisque phonologie et morphologie sont imbriquées dans ces paradigmes à découvrir : tonm (tonbé), blo, koto (blokoto, kolokoto, bo, toto). L’un des aspects positifs de cette première réflexion, qui n’a pas porté les fruits escomptés, est d’avoir contribué à ébranler l’étymologie, comme base fondamentale de détermination de l’origine d’une langue. Le second point positif est d’avoir ouvert une page de paradigmes morphophonologiques qu’il reste encore à prendre en compte dans la lexicologie et la morphologie populaires du créole guadeloupéen.